Lorsque d'abord je l'aperçois au loin, d'un pas lent et regulier
Je me retrouve confronter à une bataille entre mes mains et mes envies
Le mécanisme commence, je me mets sur la pointe des pieds pour l'embrasser
On se touche les lèvres à peine deux secondes, c'est pas dramatique
On va pas en faire un plat, le coeur y est alors pourquoi pas?
J'le vois dans son sourire que le monde ne tourne pas
On marche l'un à côté de l'autre, s'éffleurant maladroitement la main
De temps à autre. Espérant qu'un de nous deux aura le courage d'aborder "çà"
Le brouillard avance sans aucune rancune, çà nous fait de belles jambes
De belles lacunes, le coeur a ses envies alors
Le pas s'accèlere, le sourire se désintégre laissant place à une colère
Innavouable cependant. Je ferme les yeux de temps en temps.
L'odeur est familière j'entre dans cette pièce et je le vois ce lit
J'ai déjà le coeur au bord du gouffre, prêt à pousser un cri sans souffle
Et il s'empare de mes lèvres, sa langue dans ma bouche, je le touche
Mon corps mis à nu dans la pudeur de cette chambre où le jour est massacré
Me voilà étendue, prête à tout lui donner, il me prend la main
Me la serre si fort, que j'en ressens encore le frisson intérieur de cette seconde de fureur
J'aime ses reins, j'aime cette odeur brutal dans son cou
Je m'y serais pendue bien plus d'une fois pour en finir
Et le son de ma voix se crispe, retentit dans un silence imperturbable
Je n'ose pas ouvrir les yeux, pas pour l'instant
Je préfère hurler, et je le sens dans mon ventre
Les secondes fracassantes sont là, proches et prêtes à être dévorer
Et je cris, je cris de l'aimer, la preuve est là, la preuve par toi
Et il s'éloigne de moi, la peau encore usée de s'être trop aimer
Ma respiration se fait furtive, ses reins m'ont épuisé
C'était beau de se donner la main, la preuve par toi, encore une fois.
[7mois]